Elle est donc d'abord un symptôme, extrêmement fréquent chez l'enfant, accompagnant de très nombreuses pathologies infectieuses. Plus rarement, elle est liée à un processus purement inflammatoire. Exceptionnellement, elle est d'origine centrale et s'intègre à une dysautonomie.
La question de la légitimité du traitement symptomatique de la fièvre a longtemps été posée. Quelques études in vitro ou sur modèle animal expérimental ont montré quelle améliorait le rendement de certaines réactions immunitaires. En pathologie humaine, lhypo ou la normothermie accompagnant une infection bactérienne invasive est un facteur de mauvais pronostic.
Pour autant, les données actuelles et lobservation quotidienne ont pu démontrer que le bénéfice clinique du traitement antipyrétique contre-balançait largement les effets supposés favorables de la fièvre.
Lobjectif du traitement de la fièvre est avant tout de lutter contre linconfort de lenfant.
Celui-ci étant difficile à objectiver, notamment chez les nourrissons, les travaux méthodologiquement recevables étudiant lamélioration de létat général du jeune enfant fébrile sous antipyrétiques sont rares et partiellement convaincants. Ces difficultés méthodologiques ne doivent en aucun cas discréditer lobservation clinique quotidienne :
comme ladulte, lenfant très fébrile peut être mal à l'aise, irritable, et la baisse de sa température entraîne volontiers un soulagement.
Très longtemps, le traitement antipyrétique a été présumé prévenir lhyperthermie maligne et les convulsions fébriles. Aujourdhui, lhyperthermie maligne est devenue exceptionnelle, essentiellement lapanage dinductions anesthésiques sur terrain génétiquement prédisposé. Les conditions quasi expérimentales de la canicule de lété 2003, responsable de près de 15000 morts dont environ 30% par hyperthermie majeure, ont apporté un éclairage complémentaire : aucun décès na été déploré dans la tranche des 0-15 ans. Quant aux convulsions fébriles, on sait aujourdhui quelles touchent électivement 3 à 5% des enfants de 9 mois à 5 ans, génétiquement prédisposés. Beaucoup plus rarement, elles sont déclenchées par un micro-organisme neurotrope (shigelle, herpes virus 6 de la roséole,
) ou une infection du système nerveux central (méningite ou encéphalite). La majorité des études portant sur la prévention des convulsions fébriles na pu apporter la preuve de lefficacité des antipyrétiques, quil sagisse du paracétamol ou de libuprofène, pas plus que celle des benzodiazépines(diazépam). Ces résultats rendent compte du caractère inaugural des convulsions fébriles dans environ 30% des cas.
La prise en charge physique et médicamenteuse de la fièvre vise donc essentiellement à lutter contre linconfort de lenfant. Cette prise de conscience récente amène à reconsidérer des prescriptions et des pratiques très largement diffusées.
Les moyens physiques visant à refroidir la température extérieure de lenfant (bain tiède, enveloppements frais) nont quun effet modeste et transitoire, et peuvent majorer linconfort de lenfant.
Leur utilité est donc remise en cause. Ils devraient être réservés aux fièvres les plus élevées et mal tolérées, au décours de ladministration de lantipyrétique, en informant les familles de leur potentiel effet paradoxal. De même;
Découvrir un nourrisson frissonnant chez lequel la fièvre est en cours dinstallation nest sûrement pas la mesure adaptée à lobjectif. Les mises en garde vis à vis dun jeune enfant fébrile sur-couvert conservent toute leur actualité. De même, il est important de proposer à lenfant de boire fréquemment.