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PRISE EN CHARGE SYMPTOMATIQUE

DE LA FIEVRE DU JEUNE ENFANT

LES RECOMMANDATIONS DU GROUPE DE PEDIATRIE GENERALE

affilié à la Société Française de Pédiatrie

octobre 2004

Texte complet disponible en cliquant ici 

Extraits: "La fièvre, définie comme une élévation de la température centrale, est une composante de la réponse immunitaire primaire....

L’objectif du traitement de la fièvre est avant tout de lutter contre l’inconfort de l’enfant....

Les moyens physiques visant à refroidir la température extérieure de l’enfant (bain tiède, enveloppements frais) n’ont qu’un effet modeste et transitoire, et peuvent majorer l’inconfort de l’enfant....

Trois antipyrétiques ont l’AMM chez l’enfant : l’acide acétylsalicylique (AAS), le paracétamol et l’ibuprofène, tous trois globalement bien tolérés.

1- Les précautions d’emploi de l’AAS en ont limité très sensiblement la prescription : le recours à l’AAS doit être évité en cas de virose à la suite des observations de syndrome de Reye.

2- L’ibuprofène possède comme l’AAS une activité anti-inflammatoire liée à une inhibition de la synthèse des prostaglandines. Il est très efficace sur la fièvre de l’enfant. Sa néphrotoxicité, exceptionnelle, conduit à éviter son usage en cas de diarrhée ou d’autre situation à risque de déshydratation ; quelques publications récentes suggérant sa responsabilité dans le développement de surinfections bactériennes graves au cours de la varicelle, il est recommandé de ne plus l’utiliser en cas de varicelle. 

3- Le paracétamol allie efficacité et innocuité aux doses recommandées (15 mg/kg/prise toutes les 6 heures). L’effet antipyrétique est un peu moins rapide qu’avec l’ibuprofène. La thrombopénie induite est exceptionnelle.

Deux règles sous-tendent la prescription d’antipyrétique :

-la monothérapie ; aucune étude n’a pu démontrer l’intérêt d’une alternance ou d’une association d’antipyrétiques. Elles sont pourtant toujours largement utilisées en pratique. Elles compliquent l’analyse d’imputabilité en cas d ‘effet indésirable, notamment de nature allergique dont la prévalence augmente. La réévaluation du rapport bénéfice/risque est le pré-requis à la hiérarchisation de l’ibuprofène et du paracétamol, à l’aune d’un objectif recentré autour du confort de l’enfant.

-le traitement antipyrétique doit être proposé en continu pendant les 24 premières heures de l’épisode, quel que soit le niveau de la température.

 

En pratique, en l’état actuel de nos connaissances et dans l’attente d’une réinstruction du rapport bénéfice/risque des médicaments antipyrétiques ayant l’AMM chez l’enfant, le Groupe de Pédiatrie Générale émet les recommandations suivantes :

- La prise en charge de la fièvre demande avant tout une recherche de la cause, qui permet parfois un traitement spécifique.

- Son traitement symptomatique (discuté dès lors que la température centrale est supérieure à 38°5) vise l’amélioration du confort de l’enfant, associant mesures physiques et médicaments antipyrétiques.

- les mesures physiques comprennent boissons fréquentes et vêtements légers, sans dénuder l’enfant lorsque la température est en phase d’ascension.

- le traitement antipyrétique, dans l’appréciation actuelle du ratio bénéfice/risque, conduit à privilégier le paracétamol en monothérapie à la dose de 15 mg/kg/prise toutes les 6 heures pendant 24h, pour une durée fonction de l’évolution de la température et de l’état général de l’enfant.

 

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