|
VACCINATION HEPATITE B
Janvier 2005
Société Française de Pédiatrie
Communiqué de presse
Position de la Société Française de Pédiatrie et des groupes affiliés de sur-spécialités pédiatriques, sur la vaccination contre le virus de lhépatite B chez lenfant
Considérant la polémique sur les risques potentiels de la vaccination contre le virus de lhépatite B (VHB) et les conclusions de la récente commission daudition publique « Vaccination contre le VHB et sclérose en plaques: états des lieux » (novembre 2004 ; http//www.afssaps.sante.fr), la Société Française de Pédiatrie (SFP) et les groupes de sur-spécialités pédiatriques affiliés à la SFP et concernés par la thématique, rappellent que linfection par le VHB représente un problème majeur de santé publique. Il existe au moins 100 000 à 150 000 porteurs chroniques du VHB en France. Linfection aiguë, le plus souvent asymptomatique, évolue vers un portage chronique du virus chez 5 à 10 % des adultes et 90 % des nouveau-nés. A lâge adulte et chez 20 à 25 % des porteurs chroniques, cette maladie évolue vers la cirrhose, peut se compliquer de cancer du foie, et est responsable de 1 500 décès par an en France. Lhépatite aiguë B fulminante est rare, mais souvent mortelle en labsence de transplantation hépatique. Le VHB se transmet surtout par voie sexuelle, intraveineuse, et de la mère à lenfant à la période périnatale, mais aussi de manière horizontale (famille, collectivité). La vaccination est un moyen de protection facilement disponible, pris en charge par lassurance maladie, sûr et efficace (protection dans plus de 90 % des cas). Le vaccin contre le VHB est recommandé par lOMS depuis 1991-92. La gravité des conséquences dune infection par le VHB justifie la vaccination. Lhomme étant lunique réservoir du VHB, la vaccination permet un contrôle très efficace de linfection. Après plus de 20 ans de recul, les données sont en faveur dune protection de très longue durée, probablement à vie, après vaccination du nourrisson ou de lenfant. Il nexiste pas à ce jour darguments en faveur de lexistence dune association entre la vaccination contre le VHB et des pathologies démyélinisantes, comme la sclérose en plaques, chez le nourrisson, lenfant et ladolescent.
La SFP et ses groupes de sur-spécialités signalent que le taux de couverture vaccinale globale est actuellement très faible en France (21%) et que seuls 27% des nourrissons de 2 ans ont reçu au moins une injection de vaccin (or la vaccination complète en comprend 3). Par comparaison, lAllemagne, lItalie, le Canada et les USA, pays où lon vaccine tous les nouveau-nés ou nourrissons, et qui ont une épidémiologie du VHB comparable à la nôtre, ont un taux de couverture vaccinale chez le nourrisson (jusquà lâge de 2 ans) supérieur à 90 %. Les enfants français sont donc à découvert! Par ailleurs, en France, 20 % des femmes enceintes échappent au dépistage systématique et obligatoire du VHB au 6ème mois de grossesse, et 2 nouveau-nés sur 5 nés de mères porteuses échappent à la sérovaccination à la naissance (vaccination et injection danticorps spécifiques anti-VHB). Sur lensemble du territoire national, le risque de transmission périnatale du VHB concerne potentiellement 12000 nouveau-nés/an.
La SFP et ses groupes de sur-spécialités adhèrent à ces recommandations et considèrent également le rapport entre le bénéfice et le risque de la vaccination contre le VHB très positif. A ce jour aucune étude na pu mettre en évidence deffet indésirable grave dû au vaccin contre le VHB chez le nourrisson, lenfant, et ladolescent, alors que lefficacité du vaccin est quasi constante. La SFP et ses groupes de sur-spécialités recommandent préférentiellement la vaccination des nourrissons, mais aussi celle des petits enfants et des préadolescents (rattrapage vaccinal avant adolescence). Grâce à la vaccination de tous les nourrissons, lhépatite B pourrait être contrôlée, voire éradiquée. La vaccination contre le VHB permettra de protéger les futures générations des infections par le VHB et de leurs conséquences, et de ne pas retarder de 20 ans larrêt des transmissions du VHB en France. La vaccination des nourrissons doit être facilitée par le remboursement de vaccins hexavalents déjà commercialisés, couplant la vaccination contre le VHB aux autres vaccinations habituellement réalisées entre 2 et 4 mois de vie.
Contacts
Pour le Groupe Francophone dHépatologie Gastroentérologie et Nutrition Pédiatriques
- Professeur Emmanuel Jacquemin
Tél : 01 45 21 31 64
Email : emmanuel.jacquemin@bct.ap-hop-paris.fr
Pour la Société Française de Neurologie Pédiatrique
- Professeur Gérard Ponsot, Président
Tél : 01 40 48 80 54
Email : peda.ponsot@svp.ap-hop-paris.fr
Pour le Groupe de Pathologie Infectieuse Pédiatrique
- Docteur Jean Sarlangue, Président
Tél : 05 56 79 56 43
Email : jean.sarlangue@chu-bordeaux.fr
Pour le Groupe de Pharmacologie et de Thérapeutique Pédiatriques
- Professeur Gérard Pons, Président
Tél : 01 40 48 82 19
Email : gerard.pons@svp.ap-hop-paris.fr
Au nom de la Société Française de Pédiatrie
- Professeur Danièle Sommelet, Présidente
Tél : 03 83 15 46 20
Email : d.sommelet@chu-nancy.fr
- Professseur Christophe Marguet, Commission scientifique
Tél : 02 32 88 83 81
Email : Christophe.Marguet@chu-rouen.fr
|